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Un neurone, un peuple, une nationalité !

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La France est en danger. Le chômage ? La pauvreté ? La précarité ? Les bavures policières ? Frédéric Lefebvre ? La casse des services publics ? Les ministres lubriques ? L’inégalité sociale ? Le mal logement ? Non-non, le fléau qui ravage les six coins de l’hexagone, c’est la double nationalité.

Et voilà qu’UMP et FN sont à nouveau d’accord pour réagir à la menace du cosmopolitisme galopant, surtout s’il est un tantinet musulman. Le diagnostic de Mme Le Pen, adressé aux députés, est sans appel : « L’explosion du chiffre des binationaux pose aujourd’hui des problèmes dont les Français sont de plus en plus conscients ». Quoi, vous ne vous en étiez pas aperçus ? C’est vrai que les gens que je connais, moi, se préoccupent de leur travail, ou de leur chômage, de la retraite qu’ils ne verront pas, des patrons qui les assomment, des hôpitaux qui ferment, des crèches où il n’y a pas de place… Apparemment, on n’a pas les mêmes fréquentations. Et d’ailleurs, elle l’a vue où « l’explosion du chiffre des binationaux », Madame ? C’est un beau mystère... Maintenant, on va poser une question à un neurone : comment on fait, normalement, pour avoir deux nationalités ? Mettons l’exemple d’un couple traditionnel : Ute von Karlmarx, allemande, et Jean-Jean Robespierre, bien de chez nous. Leur enfant, Pierre Karlmarx- Robespierre naît à Aubervilliers. Il a quoi comme nationalité Pierrot ? Si on appliquait le droit du sol (qui n’existe plus en France), il aurait une seule nationalité, la nationalité française, car c’est ici qu’il est né. Si on applique le droit du sang (la nationalité des parents), il est binational franco-allemand. Conclusion : pour réduire les cas de double nationalité, il faut adopter le droit du sol (car on naît à un seul endroit, en général), alors qu’avec le droit du sang on multiplie les nationalités. Bon, et que propose Mme Le Pen ? Elle combat le droit du sol, au profit du droit du sang qui augmente les cas de double nationalité. Et en même temps, elle gueule contre la double-nationalité qui résulte de la politique qu’elle défend ! Avec tous les go-gos de l’UMP à la que-leu-leu…

Mais la section FN de l’UMP est un mouvement responsable. Au lieu de s’en tenir à la critique, elle propose. Lisons Marine Le Pen : « il est ainsi nécessaire d’engager une démarche authentiquement républicaine en mettant fin à la double nationalité, et de demander à chacun de nos compatriotes placés dans cette situation, de choisir son allégeance : la France, ou un autre pays ». Et voilà, c’est simple. Pour régler le problème terrible que cause le petit Pierrot à ce bas monde, on n’a qu’à lui demander : qui tu aimes le plus, dis Pierre, Papa ou Maman ? Tu veux être français comme Jean-Jean ou allemand comme Ute car, tu sais, c’est dangereux si tu es les deux ? Choisis donc à qui tu fais allégeance, mon petit bonhomme ? OK, mettons qu’on la vote cette loi bidon. Et mettons que Pierrot choisit la France (il préfère le chômage à la galère, en somme), que va bien arriver à sa nationalité allemande ? Rien du tout, évidemment, car ce n’est pas une démarche administrative française qui va lui retirer la nationalité allemande ! Et, d’ailleurs, on ne peut pas répudier si facilement la nationalité française non plus… Du coup, la loi française sera juste un torchon de plus, et le brave Pierrot, lui, restera double national ! Il faut vraiment mépriser le peuple pour demander à ses représentants de voter une loi aussi sotte et impuissante…

Ceci dit, il y a du vrai dans ce que crie Madame Le Pen. Puisqu’il y a bien un problème d’appartenance, causé par la multiplication des cas d’allégeance multiple… dans les services publics. Et oui, car à force de privatiser à tire-larigot, les sociétés qui gèrent nos services publics appartiennent un peu à l’Etat français, un peu aux fonds de pension américains, un peu aux banques installées dans les paradis fiscaux, un peu à un tas de rentiers assistés et feignants du monde entier qui se remplissent les poches sur le dos de ceux qui bossent… C’est cette nationalité multiple qu’il faudrait supprimer, vite fait ! Et si le mot nationalisation n’est pas assez à la mode, on n’a qu’à naturaliser les services publics.

Glop Lerouge

Secrétaire de Section

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