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Karatchi, Kadhafi, Bourgi : allons enfants de la Patrie !

 

Bon, récapitulons. « Karatchi » c’est l’histoire d’une vente d’armes, de sous-marins plus exactement. Un des intermédiaires de l’opération, Takieddine de son nom, est soupçonné d’avoir contribué au financement illicite de la campagne de Balladur, dans laquelle Sarkozy s’était engagé, pariant sur le mauvais cheval. Les intéressés contestent. La justice poursuit : qu’elle est vilaine ! Potentiellement concernés : outre Ballamou, son bras droit de l’époque, Nicolas Sarkozy, ses fidèles Bazire et Gaubert, et j’en passe. « Kadhafi » c’est l’histoire du bombardement aveugle et du massacre systématique du peuple libyen par l’OTAN. Mais avant cela, c’est une affaire de fric. Apparemment, lorsqu’on était copains comme cochons, on faisait du business avec la Libye, et Monsieur Takieddine, selon les infos diffusées par Médiapart, était l’un des principaux intermédiaires. Ajoutez à cela que le fiston du Guide libyen himself dit avoir les preuves du financement occulte de la campagne présidentielle de Nicola Sarkozy… Les concernés démentent. Médiapart enquête. Potentiellement touchés : Sarkozy, Hortefeux, Guéant, Copé… « Bourgi » c’est l’histoire d’un mec, avocat de profession, qui, pris d’une crise subite de bonne foi (c’est un truc qui ne pardonne pas, semble-t-il), aurait « confessé » avoir porté tout un tas de mallettes de fric africain à Chirac et Villepin. Il est copain avec Sarko, et jure que ça s’est arrêté avec lui. Que nenni, répondent les autres, rien n’a changé dans la Françafrique…. Calomnies, assène la Chiraquie à coups de procès en diffamation. Personnes concernées : le pouvoir chirako-sarkozyste dans son ensemble. Et pour agrémenter d’une chansonnette ce beau spectacle, Jean-François Copé vient d’entonner une Marseillaise martiale de derrière les fagots. Il propose, sans déconner, que les jeunes français et les candidats à la naturalisation prêtent un « serment d’allégeance aux armes de la France ». Disons tout d’abord que, si les dîners chez Monsieur Takieddine lui en laissent le loisir, Monsieur Copé pourrait avantageusement jeter un coup d’œil à la Constitution Française. Il apprendrait que la République a un seul symbole officiel : le drapeau tricolore (art. 2 al. 2 : « L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge »). C’est vrai qu’à l’époque de la Royauté, il y avait de jolies armoiries, ou « armes », glorifiant la maison de France. Mais la République, précisément, a choisi de ne jamais officialiser aucun emblème (autre que le drapeau). Nom d’un banquier, le patron de l’UMP ignorerait donc qu’il n’y a plus d’« armes de la France » ! Ou alors il confond avec la faucille et le marteau ? Le plus marrant dans cette affaire, c’est que pour essayer de sauver la face devant les journalistes, le big boss de l’UMP a fait mine de viser l’allégeance à l’« armée françaises » et non plus aux « armes de la France » (qui n’existent pas), ce qui est encore plus bouffon. Et oui, car les obligations relatives à la défense nationale sont déjà fixées par la loi, et ce n’est pas avec un serment qu’on les rend applicables ! Pour ajouter au micmac, ces génies de l’UMP ont essayé de défendre leur usine à gaz en disant qu’ils s’inspirent du modèle américain ! Or, c’est doublement grand-guignolesque. D’une part, les ricains font leur serment d’allégeance un peu partout, et spécialement à l’école : ça n’a rien à voir avec la nationalité, et des milliers d’écoliers non-américains prêtent ce serment chaque année, sans acquérir pour autant la nationalité ricaine. D’autre part, le serment en question consiste à prêter allégeance au drapeau américain (voici le texte en entier, pas laïc pour un sou : « I pledge allegiance to the flag of the United States of America, and to the republic for which it stands, one nation under God, indivisible, with liberty, and justice for all »). La référence au modèle américain prouve donc que c’était bien un serment aux « armes » françaises (inexistantes en droit, et substituée par erreur au drapeau) qui était visé par le projet UMP, et non un serment aux armées.   Il aurait pourtant suffi simplement que Copé parle de temps en temps avec ceux qui rédigent son programme, pour éviter ces obscénités. Car au bout du compte, on se retrouve avec le patron du « parti au pouvoir » qui propose rien de moins que de prêter allégeance à l’armée française, et à ses armes, une main sur le cœur et l’autre sur une ogive nucléaire. Heureusement que plus personne ne les prend au sérieux !   Glop Lerouge Secrétaire de Section

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