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Rendez-nous Berlusconi !

 
 
 

Il a foutu en l’air le droit italien du travail, Berlusconi, et tout le monde a dit Amen ! Il a achevé de mettre par terre l’hôpital public italien, Berlusconi, et il a été réélu ! Il a gavé les riches, pillé les pauvres, moqué la justice, privatisé les services publics, étalé sa pas-bien-jeune-lubricité sous les projecteurs, et il est resté aux manettes. Puis tout à coup, à l’automne 2011, au crépuscule de sa vie politique, alors qu’il voguait peinard vers sa prochaine réélection et que l’opposition italienne avait perdu tout espoir, le Cavaliere a enfin dérapé pour de bon.

A son âge, avec son expérience des palais et sa maîtrise du bunga-bunga, il a eu comme un caprice d’enfant, un envoûtement, une loufoquerie. Il a déclaré, lui qui s’y connaît en entourloupes, que la « monnaie unique », l’Euro, avait appauvri les Italiens ! Il a laissé comprendre que toutes ces mesures d’austérité, il voulait bien faire semblant, mais c’était quand même de la connerie pure en climat de récession et de grogne sociale, et qu’il fallait donc pas trop y compter… Et là, ça n’a pas pardonné. Le patronat et les banques ont sifflé la fin de la recréation.

Ce n’est pas « il Cavaliere » qui a été abattu, c’est « Che Berlusca », comme l’appellent maintenant les copains de Bologne pince-sans-rire. Et oui, Berlusconi a perdu la majorité à la Chambre des députés car les éléments les plus ultra-libéraux de son propre parti (8 députés en pratique) ont obéi au patronat et aux banques qui leur demandaient de lâcher le dangereux bolchévique ! C’est « Berlusconi le gauchiste » qui a été mis en minorité…

Bilan des courses. Papandréou est tombé en Grèce pour avoir proposé un référendum. A la gueule des électeurs, la Grèce est maintenant gouvernée par Papadimos, un ancien de la Banque Goldman Sachs soutenu par une coalition qui va de l’extrême-droite aux socialos. Berlusconi est tombé pour avoir songé, une fois dans sa vie, à l’intérêt du pays en retardant les mesures d’austérité, et l’Italie est maintenant sous les fers d’un autre ancien de Goldman Sachs, Mario Monti. La Banque centrale européenne, elle, est « gouvernée » par Mario Draghi, ancien de Goldman Sachs…

Voyons voir : les banques, Goldman Sachs la première, mettent le feu à la planète en provoquant la crise financière. Les Etats, au lieu de les laisser crever, sauvent les banques et foutent en l’air les finances publiques avec leurs plans d’aide. Les banques reprochent aux Etats leur endettement (qu’elles ont causé), et mettent leurs pions, pour faire leur politique, à la tête des Etats. En somme, on choisit l’incendiaire pour éteindre le feu…

Les masques sont tombés. Ce qu’on appelle la « démocratie », c’est le pouvoir des banques et des patrons au-dessus de la volonté des peuples. Ce qu’on nomme « rigueur » et « austérité », c’est enlever aux pauvres pour alimenter les riches. Ce qu’on désigne par débat public, c’est « cause toujours, c’est le pognon qui commande ». Combien de temps allons-nous laisser ces pyromanes faire joujou avec des lance-flammes ?

 

Glop Lerouge

Secrétaire de Section

 



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